Un très bon exemple de l'influence Biblique est le v½u de Nazarite. Les Rasta, pour expliquer leur mode de vie, se réfèrent souvent au v½u de Nazarite, comme présenté dans la Bible, Nombres 6:1-21. Ce v½u, à caractère temporaire, sanctifie la personne le suivant pour une certaine période durant laquelle cette personne devra suivre certaines rêgles de vie. Ces règles sont pour la plupart celles auxquelles se réfèrent les Rasta dans leur mode de vie. Elles sont, pour les plus caractéristiques :
ne pas se couper, ni se coiffer les cheveux, ce qui entraîne l'apparition de Dreadlocks ;
ne pas consommer de viande ;
ne pas consommer de produit de la vigne.
Enfin, ce v½u est censé revêtir un caractère temporaire, et le texte des Nombres précise ensuite quand et comment le v½u doit s'achever. En particulier, un Nazarite ne devra pas croiser un homme mort, sous peine de devoir rompre son v½u. On retrouve cette idée dans un certain nombre de chansons, illustrée par cette phrase: rasta don't go to no funeral. D'une manière générale, la mort constitue un tabou pour les rastas, et ils n'abordent ce thème que d'une façon très spirituelle et assez difficile à appréhender pour le non-initié.
L'application stricte de ce v½u au mode de vie Rasta n'est pas sans porter à discussion. Avant tout, ce texte et les modalités d'applications du v½u de Nazarite, comme pour beaucoup de textes de l'Ancien Testament, pose la question du décalage temporaire et culturel. En effet il n'y a qu'à consulter les démarches à effectuer pour rompre le v½u pour comprendre qu'il ne saurait s'appliquer identiquement de nos jours. Ensuite, ce v½u est bien censé être temporaire (7 ans), alors que le mode de vie Rasta lui devrait pouvoir se pratiquer toute sa vie durant.
Ainsi, un autre point caractéristique des Nazarite est le port des dreads, port qui est source de beaucoup de polémiques. Le débat de savoir si les dreads sont nécessaires à un Rasta est encore important de nos jours. Ainsi, certains Rastas (par exemple le chanteur Sizzla) pensent qu'un Rasta sans dread n'en est pas un, d'autres, comme les membres des Twelve Tribes of Israël ou les Morgan Heritage (Notamment avec le titre Don't haffy dread to be rastaman) pensent au contraire que Rasta est avant tout une philosophie de vie et qu'il est tout à fait possible d'être un Rasta sans porter de dreads, tandis que beaucoup de dreadlocks ne sont pas forcément le signe d'un Rasta.
Enfin, il faut rappeler que le port des dreads est une mode qui s'est instaurée dans les ghettos de Kingston, par une génération de rastas apparue après la destruction du Pinnacle. Le port des dreads n'était pas initialement la marque des adeptes de rasta, qui étaient alors les barbus car ils se laissaient pousser la barbe.. Ainsi la réponse à la nécessité du port des dreads doit être trouvée par chacun ; mais de nombreux rastas pensent que cette coiffure ne codifie plus l'appartenance à leur mouvement.